Les animaux malades de l’école

Les animaux malades de l’école

Un jour, les animaux décidèrent de faire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde moderne. Ils organisèrent donc des élections, et un ours, un blaireau et un castor furent désignés membre de la commission d’enseignement. Un hérisson fut engagé comme professeur. Le programme consistait à courir, nager et voler et, afin de faciliter l’enseignement, on décida que toutes ces disciplines seraient obligatoires.

Le canard battait tout le monde à la nage, même son professeur, mais il était médiocre quand il s’agissait de voler et complètement nul à la course. C’était là en fait un si mauvais élève qu’on décida de lui donner des leçons particulières : il devait donc courir pendant que les autres allaient nager. Cet entraînement meurtrit tellement ses pieds qu’il obtint à peine la moyenne à l’examen de natation.

L’écureuil grimpait mieux que quiconque, avait toujours la meilleure note en escalade, 18/20. Voler, par contre lui déplaisait profondément, car le professeur exigeait qu’il saute du haut de la colline alors que lui préférait s’élancer de la cime des arbres. Il se surmena tant qu’au bout d’un certain temps il n’obtint que 8 en escalade et 6 à la course.

L’aigle était une très forte tête que l’on punissait très souvent. Il éclipsait tous les autres quand il fallait grimper aux arbres mais ne voulait utiliser que sa propre méthode. On décida donc de le mettre dans une classe d’observation.

Le lapin était tout d’abord le champion de la course à pied, mais les heures supplémentaires qu’on lui fit faire à la piscine finirent par lui donner une dépression nerveuse.

A la fin de l’année, une anguille prodige, médaille d’or de natation et qui savait aussi grimper, courir et même voler un peu, obtint la meilleure moyenne dans toutes les disciplines. Elle fut donc désignée pour prononcer le discours de fin d’année lors de la distribution des prix.

Creuser des galeries ne figurant pas au programme scolaire, la taupe ne put aller en classe. Elle n’eut donc d’autres choix que d’envoyer ses enfants chez le blaireau. Plus tard, ils s’associèrent avec les sangliers pour fonder une école privée, et celle-ci eut beaucoup de succès.

Mais l’école qui était censée résoudre les problèmes du monde moderne dut fermer ses portes, au grand soulagement de tous les animaux de la forêt.

Jean Marie Kétélé

Trouvé dans  « Controverses en éducation » A de Peretti  Ed°hachette